Les CAPS

Les CAPS regroupent trois maladies différentes :

  • l’urticaire familiale au froid (en anglais FCU : familial cold urticaria ou FCAS : familial cold autoinflammatory syndrome),
  • le syndrome de Muckle-Wells
  • le CINCA (syndrome Chronique Infantile Neurologique Cutané et Articulaire).

Ces trois maladies ont initialement été décrites indépendamment les unes des autres. Depuis la découverte de mutations dans le gène CIAS1, elles ont été reliées.

Le mode de transmission est autosomique dominant pour les trois maladies. Des cas sporadiques sont également décrits. 

Description

Les trois maladies ont en commun l’apparition d’éruption cutanée d’allure urticarienne de manière concomitante à la fièvre. Ces éruptions correspondent à une réaction inflammatoire cutanée.

Génétique de ces trois syndromes

Ces trois syndromes, décrits initialement séparément,  forment en fait un groupe de maladie auto-inflammatoire héréditaire liés à des anomalies de la Cryopyrine Il existe en fait une continuité dans la sévérité des signes présentés par les patients entre ces trois syndromes avec des formes parfois frontières difficile à classer.

Il s’agit de maladie autosomique dominante secondaire à la mutation du gène CIAS1. Les premières mutations de ce gène ont été décrites par Hal Hoffman en 2001.

Le gène CIAS1 code une protéine de l’inflammation : la Cryopyrine On connaît aujourd’hui plus de quarante mutations de ce gène. En fonction du type de mutation, la sévérité de la maladie est différente.

 

Bon à savoir


Tout comme les autres protéines impliquées dans les maladies auto-inflammatoires héréditaires, la Cryopyrine joue un rôle crucial dans le contrôle de l’immunité inné (voir chapitre « qu’est-ce la fièvre ? »)  et des anomalies dans la Cryopyrine entraînent une production anormale de substances pro-inflammatoires. La compréhension des mécanismes à l’origine du déclenchement anormal de la réaction inflammatoire a permis le développement de nouveaux traitements, ce qui fait que le CAPS et la FMF sont les deux seules pathologies auto-inflammatoires héréditaires qui ont un traitement de fond permettant de prévenir les crises inflammatoires.

 

La compréhension des mécanismes à l’origine du déclenchement anormal de la réaction inflammatoire est importante pour permettre le développement de nouveaux traitements.

 

 

Le Traitement

Traitement des crises

Le traitement des poussées inflammatoires reposent pour les patients atteints de forme modérée de CAPS (essentiellement patients avec une urticaire familiale au froid ou une forme modérée du syndrome de Muckle et Wells), sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou sur une corticothérapie orale afin de diminuer l’intensité des symptômes et la durée de la crise.

 

Le choix des molécules dépend de la réponse des patients (qui est en général individuelle) aux différents traitements testés. Les patients présentant une urticaire familiale au froid ou un syndrome de Muckle- Wells réagissent en général bien aux AINS ou à une corticothérapie courte qui permet une diminution de l’intensité des symptômes et la durée de la crise.

 

Ces traitements sont en revanche peu efficaces pour les patients présentant une forme plus sévère de syndrome de Muckle et Wells et de CINCA, où la corticothérapie permet au mieux de réduire les symptômes mais au moyen d’un traitement prolongé à doses élevées ce qui expose ces malades à toutes les complications de la corticothérapie au long cours. Par ailleurs, le traitement par AINS et corticoïdes, ne sont  souvent pas suffisants pour empêcher la survenue des complications à long terme (surdité, insuffisance rénale).

Traitement de fond

La prise en charge au long cours des patients atteints de CAPS sévères a été révolutionnée par la découverte de la mutation du gène et la compréhension des mécanismes en cause dans le déclenchement de l’auto-inflammation avec le rôle clé de l’IL1.

 

De nouvelles biothérapies avec le développement de molécules bloquant l’action de l’interleukine 1 ont été développées. L’anakinra (nom commercial Kineret®) et le canakinumab (nom commercial Ilaris®) font partie de ces nouvelles thérapeutiques. Ces molécules vont bloquer le récepteur à l’IL1, empêchant son action et donc empêchant le déclenchement de l’inflammation. 

Plusieurs études ont évalué l’efficacité de l’anakinra et du canakinumab dans l’urticaire familiale au froid, le syndrome de Muckle-Wells, ou le CINCA avec une excellente efficacité tant sur les crises que sur l’inflammation au long cours.Ce traitement ne semble cependant pas avoir d’effet sur l’arthropathie dans le CINCA dont le traitement ne repose actuellement que sur la kinésithérapie.

 

Cependant ces traitements étant encore assez nouveaux, l’évolution de ces maladies à long terme avec ces nouvelles molécules reste inconnue, même si les premiers éléments de la surveillance permettent d’être optimistes pour le devenir à long terme de ces patients.