L'Hyper IGD

 

Les déficits en mévalonate kinase ou MKD ( Mévalonate Kinase Deficiency) anciennement connu sous le nom de syndrome d'hyper IgD ou HIDS, correspondent à un groupe de maladies rares dans lequel on distingue deux formes :

  • Le déficit complet en mévalonate kinase entrainant la gravissime acidurie mévalonique,
  • Le déficit partiel en mévalonate kinase responsable d’une fièvre récurrente auto-inflammatoire anciennement dénommée syndrome Hyper-IgD ou HIDS.

Les premiers cas décrits de syndrome Hyper-IgD remontent à 1984 aux Pays-Bas, des cas similaires avaient été rapportés en France à la même époque. Depuis, quelques centaines de cas dans le monde ont été répertoriés.

 

Nous ne développerons pas sur cette page, l’acidurie mévalonique ayant une évolution et un pronostic totalement différent traité par les spécialistes des maladies rares en neurologie pédiatrique.

 

Description clinique

Le déficit partiel en mévalonate kinase anciennement connu sous le nom de syndrome d’hyper IgD ou HIDS se caractérise par l’apparition d’épisodes de fièvre en général avant 1 an et toujours avant 3 ans. La fièvre est en général élevée à 39-40°, associée à la présence d’adénopathies  cervicales, d’une pharyngite, de douleurs abdominales, vomissements, anorexie parfois à une atteinte cutanée (urticaire, purpura), une atteinte buccale avec la présence d’aphtes, des douleurs musculaires ou articulaires.

 

Les crises peuvent survenir sans facteur déclenchant bien précis, mais elles apparaissent habituellement après une stimulation antigénique (infection virale ou bactérienne, vaccination) mais on sait aussi que le stress, la fatigue et les émotions peuvent favoriser la survenue d’un accès inflammatoire.

 

Lors des poussées fébriles, il existe toujours des signes d’inflammation dans le sang (élévation de la CRP, des polynucléaires neutrophiles, de la vitesse de sédimentation). Par ailleurs, au moment des poussées, on retrouve une augmentation de la sécrétion d’acide mévalonique dans les urines. En dehors des épisodes fébriles, il n’y a pas d’anomalie biologique en dehors d’une élévation inconstante et non spécifique  de la concentration en IgD.

Chaque poussée inflammatoire va durer en moyenne entre 5 et 8 jours et va se répéter à intervalles irréguliers variant de 2 à 6 semaines. L’évolution est en général bonne avec une diminution progressive des poussées fébriles avec le temps. Le développement d’une amylose est rare.

Génétique


Le MKD est une pathologie héréditaire de transmission autosomique récessive[PS3] . La maladie est liée à une mutation du gène MVK qui code la mévalonate kinase. De très nombreuses mutations sont connues aujourd’hui. En fonction du type de mutation, la sévérité de la maladie sera plus ou moins importante.

 

La mévalonate kinase est une enzyme qui intervient dans la voie de synthèse du cholestérol et un déficit en mévalonate kinase diminue l’efficacité de cette voie de production.  Or certains dérivés du cholestérol interviennent dans le contrôle du système immunitaire inné, notamment dans la régulation de synthèse de l’interleukine 1. Ces anomalies de régulation du système immunitaire inné seraient responsables des épisodes de fièvre à répétition.

Traitements

Traitement de crise

Le traitement du syndrome Hyper-IgD repose sur les traitements des poussées inflammatoires. Les AINS ont en général peu d’efficacité, les corticoïdes sont parfois efficaces mais au moyen de doses élevées pendant plusieurs jours.

Traitement de fond

De nombreuses molécules ont été testées en traitement de fond afin d’éviter les accès inflammatoires (colchicine, anti-TNFα, simvastatine, thalidomide …), avec une efficacité inconstante. Les traitements actuels les plus prometteurs semblent être les anti-Il1, même si les modalités exactes d’administration de ces médicaments ne sont pas encore définies pour cette indication (traitement des crises ? traitement continu ?).

 

Comme il s’agit de médicaments qui doivent être administrés par injection et qui ont comme principal effet secondaire une immunosuppression rendant le patient plus vulnérable aux agressions extérieures (voir chapitre « le rôle de la fièvre »), leur utilisation est loin d’être systématique et doit être évaluée au cas par cas.